Présentation

Dessiner, dessiner encore, chaque jour, toujours. Je m’appelle Judith, et quand je cherche dans ma mémoire je me revois toute petite, occupée à dessiner, dessiner déjà, dessiner toujours. Je me revois lire des contes, les regarder pendant des heures et des heures, entrer en eux, et puis en dessiner les personnages, les paysages.

Le temps a passé, je suis une adulte, une mère de trois enfants qui dessine, qui dessine encore, qui dessine toujours. Chaque jour si c’est possible. J’ai de la chance, j’habite et je vis dans un monde qui m’apaise et m’inspire. Si je regarde par cette fenêtre, mes yeux se posent sur la forêt où je vois passer les renards et leurs petits ; si je regarde par l’autre fenêtre, vers le bord du torrent, j’y surprends le héron immobile, majestueux, concentré, qui passe des heures et des heures à attendre et guetter sa proie; dans les arbres, je vois et j’entends le vent ; j’aime me sentir ainsi petite mais vivante, les yeux bien ouverts, au cœur de la nature qui m’émerveille par sa grandeur et par ses détails les plus délicats et ses vies les plus discrètes. Mais je me plais aussi dans les métropoles, j’aime leurs mystères, leurs lumières, les couleurs des villes. J’aime être perdue dans les foules des grandes cités, et me sentir emportée par les atmosphères, les parfums, les bruits qui changent à chaque rue.

Dessiner. Je dois sans doute cette passion, cette nécessité, cette deuxième respiration, à ma mère, artiste peintre. Livres d’art, expositions, musées, explications, contemplation : j’ai vécu mon enfance dans un milieu qui, tel un jardin extraordinaire, m’offrait à voir de près la beauté des choses. Mais je me suis cherchée, d’abord, et après mes études aux Beaux-Arts de Zurich je me suis promenée, peut-être même égarée, dans le monde de la mode, en quête des paillettes, des soieries, des velours, car telle une pie, oui, telle une pie, j’adore ce qui brille. J’ai créé des habits, des bijoux, mais ce n’était pas ma voie, ce n’était pas le prolongement de mon âme. Je devais dessiner, oui, dessiner.

Alors je dessine. Mon objectif: faire rêver les enfants. Quand je lis un texte, les images défilent dans mon esprit, tout semble beau, puissant, clair. Mais pour représenter cette suite d’images de façon cohérente sur du papier, je dois créer une logique au niveau spatial et temporel, et élaborer un concept de couleur. Je dois donc donner une âme aux êtres vivants et une existence au monde inanimé, capter l’atmosphère, suggérer les émotions, interpréter l’histoire en l’imprégnant de l’intensité et de la magie du songe.

Pour moi, tout est avant tout couleur et lumière, parce que la lumière fait naître les couleurs même dans l’obscurité. Si je veux parler de ma technique de travail, je dirai que je traite le sujet de manière figurative et polychrome, que mon style a quelque chose de pictural même si j’utilise des crayons de couleurs. Je dirai aussi que je privilégie le modelé pour reproduire la forme, le volume, le mouvement ou la densité de la matière. Pour me sentir à l’aise, pour voir naître ce que j’ai imaginé et conçu, j’ai choisi les crayons couleur Faber-Castell Polychromos. Ils produisent un tracé souple, brillant et saturé. Le spectre des couleurs, basé sur les pigments purs, est complet et répond à mes exigences.

D’ailleurs, je vous laisse, je vais vite retrouver mes crayons, pour dessiner, dessiner encore, dessiner toujours !